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Stéphane Saubole - Rédacteur

NOW?90' - Maceo Parker - Life on Planet Groove - Novembre 2016

2 Décembre 2016 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #NOW?90'

 

 

  NOW?90' 

 

Ouf ! Tout juste quelques rétrospectives sur Arte ! Ils auront épargné "nos" années 90. Il est vrai qu'on eût pu craindre le pire après le terrifiant "revival" des eighties : Les démons de minuit, Capitaine Flam, les soirées Casimir, etc. En toute immodestie, essaimons quelques "brins de muguet" de nos vingt ans...

 

             Life on Planet Groove !               

 

NOW?90' - Maceo Parker - Life on Planet Groove - Novembre 2016

 

 

Le soir du 3 avril 1993, nous comprîmes VRAIMENT qui étaient Maceo Parker, Fred Wesley, Pee Wee Ellis, et ce, avant même qu'ils ne jouent une seule note...

 

 

 

L'un des hymnes de Life on Planet Groove

 

Émoustillés par l'écoute de l'euphorisant Life on Planet Groove (1992) – aussi vénéré dans notre coterie que "le rouge et le violet" de James Brown's Funky People – nous étions rassemblés dans la salle bondée de notre petite ville, impatients de "vivre" un concert de la même intensité que celui capté pour l'album live précité. Deux jours avant ce premier rendez-vous avec Maceo Parker (une vingtaine s'ensuivront, de Bordeaux à La Haye, d'Angers à Marciac...), nous avions assisté à un show de James Brown à Bercy. Funky Good Time !

 

 

98 Per Cent Funk !

 

L'excitation pointait déjà à un niveau élevé lorsque montèrent sur scène les musiciens (dont les fidèles Bruno Speight à la guitare et Will Boulware au Hammond B3). Maceo Parker, Fred Wesley et Pee Wee Ellis étant absents pour cette entame, les quatre hommes (guitare, orgue, basse, batterie) s'employèrent à nous délivrer un beat funk des plus réjouissants. Après une demi-heure en cette configuration, les moins fans des membres du public manifestèrent quelques signes d'agacement. Des sifflets fusèrent. Nous nous demandions avec incrédulité : "Mais que font-ils ? Pourquoi ne sont-ils pas sur les planches à entonner Pass the Peas ou Shake Everything You've Got ?"

 

 

Shake !

 

Un spectateur cria. Le public se retourna comme un seul homme. On aperçut alors trois jeunes cinquantenaires (dire qu'ils nous semblaient vieux, à l'époque !), en complets-vestons anthracite, s'extraire de la petite ouverture située au fond la salle. Cette "entrée des artistes" permettait d'accéder, depuis les backstages, à une passerelle. À quatre mètres de hauteur, longeant deux murs, cette rampe était toujours utilisée, les soirs de concert, par les musiciens pour gagner la scène. C'est pourquoi, en scrutant messieurs Parker, Wesley et Ellis, nous pensâmes : "Dans très peu de temps, la "Sainte Trinité" des cuivres sera devant nous".

 

 

I Feel Good !

 

Sans regarder quiconque, l'un derrière l'autre sur leur élévation, ils initièrent, suivant le rythme impulsé par leurs coéquipiers, un déhanchement, un pas en avant... puis un pas en arrière ; et de répéter le cycle avec tout le groove requis (on ne souligne jamais assez les talents de danseurs, ainsi que de chanteurs, des deux saxophonistes et du tromboniste). Nous saisîmes rapidement que cette sarabande au ralenti avait vocation à chauffer un public éberlué par un tel défi. "Ils vont devoir assumer" : échangeâmes nous, en entendant les hurlements d'une partie de l'audience. Cela ne perturba, bien entendu, en rien les trois comparses, indifférents aux houspillement mi hilares mi exaspérés de la foule. L'ensemble de la salle, désormais en feu, les interpellait, les encourageait, les provoquait. Dix, quinze, vingt... Nous comptions les minutes, légèrement inquiets et stupéfaits d'un tel aplomb. Il est vrai qu'ils avaient joué partout dans le monde, dans des stades... Mais tout de même. Un nouveau chaloupement, toujours ce pied devant... puis ce pas en retrait. Le trio continait, en altitude, son avancée lente et cadencée.

 

 

Soul Power !

 

Après une bonne demi-heure, ils parvinrent à proximité de la scène. Un moment se fit encore avant qu'ils ne daignent, sous la bronca, poser le pied sur les planches, afin de rejoindre leurs camarades qui n'avaient cessé, tout au long, de jouer la "tournerie" funky. Leur flegme ajouta à l'énervement du public désormais hors de lui. Enfin en pleine lumière, ils empoignèrent avec des gestes souples, leurs instruments, s'avancèrent jusqu'aux micros, se regardèrent, l'air complice, portèrent en même temps les anches à la bouche et... une explosion de joie dura quatre heures. Soul Power !

 

 

Stéphane Saubole

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