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Stéphane Saubole - Rédacteur

Danse - Bordeaux-Madame - Cadences - Régis Obadia - Octobre 2006

11 Mai 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Danse

Cadences hausse le ton

 

Le festival « Cadences, danse sur le sable », qui s’est déroulé du 22 au 27 septembre, évolue continûment vers une excellence multiforme et s’impose en évitant toute superfétation.

 

 Deux temps forts parmi d’autres, extraits d’une programmation dense et éclectique, auront ému les rangs d’une salle de l’Olympia, il est vrai d’emblée conquise. Car pour qu’elle eût été déçue par les pièces que nous offraient les danseurs du « Ballet de l’Opéra National du Rhin », même si certains eussent préféré une expression plus contemporaine, il n’eût fallu que leurs évolutions n’exprimassent cette allégorie de la perfection des corps. Alors que notre attention eût pu se volatiliser à l’écoute de la musique toujours ardue de Pierre Boulez, elle s’en trouva infailliblement renforcée, tant la chorégraphie atteignit ce fragile équilibre entre les violentes fulgurances musicales et l’idéal qui s’exhalait des interprètes. Difficile certes, comme tout ce qui tend à l’absolu….

 

Un « Sacre du printemps » à la somptuosité venimeuse 

 

Autre couronnement, que ce « Sacre du printemps » à la somptuosité venimeuse d’un Régis Obadia qui avouait l’an dernier la légitime frayeur qui l’assaillit à l’heure de se confronter au monument de Stravinsky et de Nijinski. De cette timidité initiale, nous n’en décelâmes pourtant aucune trace, à la vision d’une création lavée à l’eau-forte et dominée par une énergie presque féroce ; une furia esthétique et convulsionnaire qui exigea l’engagement inconséquent de chacun de ses acteurs.  Les rares pauses de ce ballet insensé furent emplies du halètement des danseurs tentant de reprendre leur souffle et du soulèvement mal contrôlé de leurs poitrines… A ce compte, eussions-nous eu la tentation de jouer la chattemite au moment crucial de l’après spectacle, quand maudit spectateur nous tâchons vainement – par l’enthousiasme contrôlée, la réserve de bon ton ou la critique affectée– de nous distinguer en paroles, l’évidence des émotions qui venait de nous envahir nous en eût dissuadé…

 

Obadia 01

Le Sacre du printemps, chorégraphié par Régis Obadia

Texte de Stéphane Saubole

Photographie de Stéphane Scotto

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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