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Stéphane Saubole - Rédacteur

Mode - Bordeaux Madame - Matias Mercapide - Août 2008

5 Mai 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Mode

 Matias Mercapide / Créateur maroquinier

 NET mATIAS PORTRAIT 1 N ET B

« Notre slogan : Le luxe à portée de main »

 

Ce malicieux et volubile Bordelais d’adoption a su, avec ses modèles de sacs ou de bottes haut de gamme, conquérir un fidèle public féminin, séduit par sa démarche créative. Meredith Michaels-Beerbaum, première femme à s’être classée numéro 1 mondial en saut d’obstacle équestre ou Françoise Vidal, l’épouse de Jean Rochefort, comptent ainsi parmi ses clientes. Un rencontre s’est imposée à l’heure de l’ouverture d’une nouvelle adresse à Bordeaux.

 

Bordeaux Madame. Quelles furent les étapes de votre cheminement professionnel ?

 

Matias Mercapide. Après avoir étudié, à l’âge de vingt ans, le design dans une école spécialisée en Argentine, j’ai conçu mes premières créations. Très tôt, des collaborations avec les marques Wrangler, Levi’s, Cardin se sont présentées. J’ai ensuite œuvré pour les façonniers d’Yves Saint-Laurent et d’Hermès en Amérique du Sud. Ma profession et les aléas de l’existence incidentèrent de longs séjours au Pérou ou au Brésil ainsi que des crapahutages dans tout le continent latino-américain. Créant de nouveau mes propres produits, j’ai commencé à les diffuser au sein d’un univers composé de connaissances, à les vendre à des amies qui m’incitèrent à persévérer… La demande s’accroissant naturellement, je décidai alors de m’accorder une année sabbatique aux fins d’imaginer et de peaufiner un concept de marque. Mais mon activité s’est toujours développée par le bouche à oreille, grâce à des prescripteurs désintéressés qui se révélèrent mes meilleurs ambassadeurs.

 

BM. Où découvre-t-on les produits de la marque Matias Mercapide ?

 

MM. La boutique-atelier bordelaise de la place des Martyrs de la Résistance existe depuis 2003 et perdurera, alors qu’un nouvel emplacement dédié à mes créations ouvrira fin septembre, non loin des Allées Tourny. De plus, les modèles Matias sont désormais présents dans une trentaine d’enseignes du grand ouest français – notamment à Pont-Aven, La Baule, La Rochelle, Saint-Martin de Ré, Royan, Le Cap-Ferret, Arcachon, La Teste-de-Buch, Hossegor, Bayonne, Toulouse ou Pau - dans le sud de l’Hexagone à Perpignan ou Narbonne, mais également à Paris, Genève et Lausanne… Je suis très heureux de cette évolution entre 2005 et 2008, avec une présence dans de très nombreuses belles « maisons ».

 

« Le meilleur rapport qualité/confort/prix »

 

BM. Présentez-nous vos créations.

 

MM. Les sacs Matias – qui s’avèrent des pièces de maroquinerie uniques, parfois confectionnées sur demande – net botte Polofurent, dans un premier temps, mes produits phares avec le succès de modèles tels que Bonbon, Jumping, Catherine, City, Cup, Chucker, Kiara , Juliette, Black Horse… Depuis 2007, je propose une gamme de bottes, réalisées avec des cuirs sélectionnés pleine fleur, aux coloris noir, chocolat, marron ou camel. En sus d’accessoires tels que des ceintures ou des portefeuilles, les chaussures pour femmes et les bottines enrichissent les collections Matias Eté 2008 et Hiver 2009. Tous ces produits résultent du travail artisanal d’ateliers de confection traditionnels français et surtout italiens. J’éprouve le désir d’offrir une maroquinerie haut de gamme et personnalisée à des tarifs abordables.

 

BM. Comment envisagez-vous l’avenir de votre marque ?

 

MM. J’élargis à l’heure actuelle nos gammes en les agrémentant de chaussures hommes de styles sportswear ou citadin, de spartiates, de « tennis » destinées aux femmes… La collection Eté 2009 symbolisera cette évolution avec un choix accru de vingt à cinquante modèles.

 

BM. Quels sont les postulats essentiels de votre démarche ?

 

MM. Nos slogans La qualité à fleur de peau et Le luxe à portée de main parlent d’eux-mêmes ! Ainsi, les modèles Matias marient trois caractéristiques jugées indissociables : le confort, la beauté et la qualité. Ces grands principes qui relèvent des domaines de l’exigence, de la patience et du perfectionnisme m’apparaissent fondamentaux. Je recherche donc en permanence le meilleur rapport qualité/confort/prix. Il m’apparaît essentiel que nos produits, au-delà de leur esthétisme, soient confortables, car ils sont destinés aux femmes actives et doivent les accompagner dans leur vie quotidienne.

 

« Un public fidèle et diversifié »

 

BM. Comment conciliez-vous ces exigences ?

 

MM. Pour respecter ces engagements, nous en appelons notamment à des façonniers transalpins qui maîtrisent un savoir-faire artisanal devenu rare. Je leur impose un cahier des charges exigeant - une véritable charte, très précise - et demeure à l’affût des nouvelles techniques et des nouveaux matériaux. De surcroît, les connaissances acquises durant mes 25 années de métier m’autorisent à sélectionner et à acquérir moi-même les meilleurs cuirs. Cette excellence de la matière première est primordiale dans le cadre de notre démarche. Enfin, je demeure très attentif à l’exécution des piqûres sellier, des bords cirés ou des arrêts de fils faits main. Ces finitions haut de gamme et notre souci du service après vente demeureront constitutifs du label Matias.

 

BM. Parlez-nous de votre public ?

 

net gt-1MM. Mes clientes sont fidèles et acquièrent souvent successivement plusieurs sacs ou paires de bottes. De plus, nous suscitons un intérêt auprès d’un public très diversifié, ce qui m’enchante. Des femmes issues de tous les milieux fréquentent ainsi notre établissement bordelais. En raison des circonstances et d’un certain atavisme – mon père était cavalier en Argentine – je suis allé à la rencontre du monde équestre en 2003. Certains modèles – à titre d’exemple un sac en forme de selle – ont séduit des personnalités telles que Meredith Michaels-Beerbaum, la première femme à s’être classée numéro 1 mondial en saut d’obstacles. L’épouse de Jean Rochefort ou l’une des héritières de Rolex se sont également révélées des amatrices de la marque

 

BM. Toute expression de pusillanimité semble étrangère à votre personnalité…

 

MM. Pourquoi avoir peur ? Je me suis enrichi, jeune et impétueux, en voyageant dans de nombreuses contrées de mon continent d’origine, à la rencontre des gens… La peinture, l’écriture, la réalisation de court métrages furent, ou sont encore, des activités dans lesquelles je me suis impliqué avec passion. J’apprécie d’évoluer dans un univers de culture et de création ainsi que de mener une vie multiple et attrayante…

 

BM. Quels sentiments vous inspire votre pays d’accueil ?

 

MM. Je suis arrivé en France en 1998, au moment de la victoire des Bleus en Coupe du Monde et j’ai immédiatement adoré ce pays dans lequel tout le monde semblait heureux ! Plus sérieusement, la France était pour moi un rêve ; un nom qui exhalait la culture, le luxe, la beauté… Il est vrai que mon père était francophile et mon grand-père originaire d’Hasparren ! Mercapide est un nom relativement fréquent dans le Pays Basque. 

 

Propos recueillis par Stéphane Saubole

 

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