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Stéphane Saubole - Rédacteur

Sport - Côte Basque Madame - Pascal Ondarts - Mars 2004

29 Avril 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Portraits de sportifs

Pascal Ondarts

 Pilier du BO et de l’Equipe de France de Rugby

Hôtelier-restaurateur à Biarritz

 

 

« Je suis fidèle »

 

La générosité ! La légende aux 42 matchs avec le maillot frappé du coq respire la générosité par tous les pores d’une peau qui s’est frottée à tous les piliers du monde. A bientôt 48 ans, Pascal Ondarts, dans une forme éclatante, nous offre l’hospitalité pour un midi ensoleillé au Caritz face à la Plage du Port Vieux…

 

Côte-Basque Madame. Quel souvenir conservez-vous de votre première cape et de cette fameuse victoire contre les All Blacks en 1986 ?

 

Pascal Ondarts. Cette première sélection n’évoque pas spécialement un grand moment pour moi dans la mesure où j’étais remplaçant en équipe de France depuis cinq années. Le sélectionneur Jacques Fouroux avait du essayer tous les piliers du pays avant de me donner ma chance en tant que titulaire ! Après une belle performance avec la sélection du Comité Côte Basque face à ces même néo-zélandais, je fus choisi pour jouer… au poste de pilier gauche alors que j’évoluais toujours à droite en club. Dans un premier temps j’avais refusé. Plus de cinq ans que j’attendais pour finalement être jugé à une position qui n’était pas la mienne ! J’ai finalement accepté de relever ce défi avec mes partenaires. Par la suite je fus systématiquement utilisé.

 

CBM. Réservez-vous un meilleur sort à la célèbre demi-finale de la coupe du monde 1987 contre l’Australie ?

 

PO. Oui, ce match représente incontestablement le sommet de ma carrière. L’équipe qui a atteint la finale mondiale et qui avait emporté le grand chelem l’hiver précédent était justement née le jour de ma première sélection. Nous avons vécu une aventure extraordinaire et cette confrontation avec les australiens fut la plus belle rencontre qu’ait connu ma génération avec une grande intensité et des temps de jeu interminables.

 

CBM. Des liens vous unissent-ils encore ?

 

PO. Bien entendu, nous sommes presque des inséparables et nous étions tous réunis au Ministère des Sports il y a une quinzaine de jours pour la remise de la légion d’honneur à Jean-Pierre Garruet. Je pense que nous avons marqué un petit peu l’histoire du rugby français.

 

« Il faut vivre avec son temps »

 

CBM. Votre sport n’étant pas à l’époque professionnel, aviez-vous un emploi ?

 

PO. J’ai travaillé pendant 18 ans à la Lyonnaise des Eaux. En 1987, je suis parti à la coupe du monde  avec un congé sans solde et c’est un grand supporter de l’équipe de France Serge Kampf, le mécène actuel du Biarritz Olympique, qui, informé de ma situation, avait interpellé le Directeur Général de ma société. Ce dernier était loin de se douter que l’un de ses salariés évoluait en équipe de France !

 

CBM. Vous ne regrettez pas de ne pas avoir connu la période actuelle du professionnalisme ?

 

PO. Je m’en fiche éperdument ! Il faut vivre avec son temps et je n’aurais jamais souhaité échanger ce que j’ai vécu. Nous passions des moments mémorables sur le terrain, même si c’était parfois rude et puis pendant la troisième mi-temps nous lions des relations durables. Ces mêmes types que j’ai affronté viennent tous me rendre visite à Biarritz des quatre coins du monde. J’ai peur que les joueurs de la génération actuelle avec le coaching et la médiatisation ne se connaissent pas.

 

CBM. L’entraînement leur prend également beaucoup de temps.

 

PO. Mais nous nous entraînions presque autant qu’eux ! Il y a 25 ans, je m’entraînais quotidiennement, le soir après la journée de travail.

 

CBM. Avez-vous toujours évolué à Biarritz ?

 

PO. J’ai porté pendant vingt ans les couleurs du BO de 1976 à 1996. Contrairement à  ceux qui cessent leur carrière après leur mariage je me suis marié à vingt ans et c’est ma femme qui a souhaité que je joue au rugby. J’ai débuté à Bidart dans un petit club qui ne disposait pas de stade et qui était parrainé par Biarritz. Et après seulement trois mois de pratique, le BO m’a recruté. J’ai joué un peu en Nationale B puis en équipe fanion et à la fin de ma première saison j’étais sélectionné en France B..

 

CBM. Ce qui prouverait que l’on ne devient pas pilier.

 

PO. On naît pilier, on ne le devient pas ! C’est un poste particulier qui exige le goût du défi, une technique précise et une forme irréprochable. C’est pourquoi j’étais déjà suivi il y a vingt ans par un préparateur physique, un cardiologue et un généraliste. Alain Micots était un professeur d’EPS passionné de rugby qui m’entraînait sans être rémunéré. C’était du plaisir et de l’amitié. Et aujourd’hui encore quand j’entreprends une activité je désire donner le maximum et j’utilise ces méthodes expérimentées dans le sport pour mes affaires.

 

CBM. Etes-vous toujours supporter du Biarritz Olympique ?

 

PO. Je vais voir régulièrement cette formation mais pas uniquement celle-ci, car le rugby actuel n’est pas constitué que de clubs qui évoluent dans le top 16. Le rugby de village m’intéresse car il a conservé ses valeurs et j’assiste à des matchs de Quatrième Série ou de Fédérale 2. Je reste dans la famille du rugby.

 

« Je ne pourrais pas vivre autre part »

 

CBM. Quelle est votre activité actuelle ?

 

PO. Je suis hôtelier restaurateur. L’établissement que j’ai créé en 1998, Le Caritz, bénéficie d’un emplacement exceptionnel et ouvre tous les jours de 7 h du matin à 5h dans la nuit.  Je suis présent entre 12 et 15 heures quotidiennement au milieu de la vingtaine de salariés que j’emploie à l’année.

 

CBM. Qu’appréciez-vous le plus à Biarritz ?

 

PO. J’apprécie Biarritz, tout simplement, car le climat y est extraordinaire, et la situation de cette ville, en bordure de mer, près de la frontière, et proche des montagnes est idéale. Je ne pourrais pas vivre autre part.

 

CBM. Quels sont vos plaisirs ?

 

PO. J’adore vivre un bon moment chez mes confrères, manger un bon petit plat et parler le même langage. Les restaurants que je fréquente, notamment à Paris, sont souvent en relation avec le monde du rugby.

 

CBM. Vous chantez toujours ?

 

PO. Un Basque qui ne chante pas n’est pas un Basque !

 

CBM.  Comment concevez-vous la femme idéale ?

 

PO. La femme idéale est celle qui vous laisse faire ce qui vous fait plaisir. Je suis marié depuis 28 ans et si j’ai connu le rugby c’est grâce à mon épouse qui s’intéressait un peu à ce sport dans son village et m’a encouragé à le pratiquer. Moi qui suis issu d’un tout petit patelin de 250 habitants, j’ai appris après mon mariage qu’on ne travaillait pas le week-end.  Avec des jeunes collègues forgerons de l’entreprise dans laquelle je travaillais, nous avons créé un club pour occuper les temps libres. J’ai débuté comme ça.

 

CBM. La fidélité vous caractérise !

 

PO. Oui je suis fidèle, notamment en amitié.

 

Propos recueillis par Stéphane Saubole

 

 

 

 

 

 

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