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Stéphane Saubole - Rédacteur

Sport - Sports Aquitains - Jean-François Lamour - Janvier 2003

3 Mai 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Clubs et personnalités du sport

Jean-François Lamour / Ministre des sports

 Lamour

« La solidarité, un principe intangible du sport »

 

Dans le cadre du forum Educasport 2003 qui se déroula à Bordeaux, les 23 et 24 janvier, le ministre des sports Jean-François Lamour précisa son implication dans le mouvement pour l’insertion par le sport et aborda les thèmes de la violence dans les stades, de la mutualisation des droits télévisés et de la solidarité entre le monde des professionnels et celui des amateurs.

 

Sports Aquitains. Quelle est l’implication du Ministère des sports dans le dispositif national « Fais-Nous-Rêver » et dans Educasport, le forum annuel sur le lien social par le sport ?

 

Jean-François Lamour. A titre personnel, cette implication est bien antérieure à ma nomination au Ministère des Sports. Je connais Jean Philippe Acensi depuis de nombreuses années, en qualité d’ancien sportif, et surtout de président puis de permanent de « Fais-Nous-Rêver ». Cette association symbolise désormais le mouvement de reconnaissance et de mise en valeur des actions d’insertion par le sport. Dans un passé très récent, l’idée d’un concours pour valoriser les initiatives dans ce domaine se révélait totalement novatrice. Ainsi, lorsque JeanPhilippe Acensi a présenté pour la première fois son projet aux acteurs du monde du sport, il a suscité bon nombre d’interrogations, même au sein de fédérations sportives. Beaucoup le regardaient tel un extra-terrestre. Non seulement il a tenu bon, en développant le principe d’un dispositif national de sélection mais il y a acquis une grande compétence en matière d’expertise.  Rares sont aujourd’hui, les spécialistes, dans le domaine de l’insertion par le sport, aussi performants que Jean-Philippe Acensi. Le Ministère des sports accompagne donc « Fais-Nous-Rêver », tant dans son activité quotidienne que dans le cadre du colloque Educasport.

 

« Un budget en légère augmentation »

 

SA. Quels sont vos sentiments quand vous lisez la ligne du budget 2003 de l’Etat dévolue au sport ?

 

J-F L. Notre budget est en légère augmentation et, pour la première fois, la part consacrée au sport est clairement identifiée. Ces dernières années l’enveloppe générale allouée au Ministère Jeunesse et Sports avait privilégié le versant jeunesse et le sport avait un peu pâti de cette orientation.  Et n’oublions jamais que, lorsque l’Etat attribue environ 600 millions d’euros au sport, les collectivités locales et territoriales multiplient cet investissement par dix. Il existe donc, dans notre pays,  une vraie dynamique de soutien aux projets de développement de la pratique sportive, sur un modèle d’organisation singulier au niveau européen. L’Etat conserve toute sa place dans le dispositif français et doit optimiser son intervention et proposer de nouvelles solutions. Dans le cadre des missions du Ministère des Sports définies pour l’année 2003, notre volonté est de nous recentrer sur un travail d’expertise, concernant  les thèmes de l’emploi sportif en milieu difficile et de l’insertion par le sport. La formation des éducateurs constitue ainsi une action prioritaire. Bien entendu, nous souhaiterions toujours bénéficier d’un budget plus conséquent mais notre priorité est d’utiliser de manière optimale les crédits alloués, au sport, par la représentation nationale.

 

 

SA. Vous êtes récemment monté au créneau au sujet de la sécurité dans les stades.

 

J-F L. Nous ne parlons pas de sécurité, mais de violence, qui s’exprime parfois dans le sport et nous inquiète. Les actes violents comme les affrontements entre supporters ou les agressions à l’encontre des joueurs ou du public sont inacceptables. Nous proposerons des actions d’éducation et de prévention - les projets défendus par « Fais-Nous-Rêver » s’intégrant dans cette politique - mais nous ferons également respecter  la loi et la renforcerons en ce domaine. Les récidivistes devront ainsi « pointer » dans un commissariat désigné, ce qui leur interdira l’approche des stades. Ces actions rappellent l’autorité de l’Etat, car les plus furieux des supporters, ceux qui ne respectent rien , doivent être totalement écartés des enceintes sportives.

 

« La mutualisation des droits télévisés doit être préservée »

 

SA. Le ministère s’impliquera-t-il dans la négociation actuelle concernant les droits télévisés du football professionnel ?

 

J-F L. Ces discussions concernent en priorité la Ligue professionnelle de football et les différents diffuseurs. L’avis du Conseil de la concurrence remet en question les résultats précédents des appels d’offre et oblige le président de la LFP à en exposer les conséquences devant son Conseil d’Administration, le 31 janvier. Je rappelle les priorités du Ministère en ce domaine. Premièrement, la mutualisation des droits télévisés au sein de la Ligue professionnelle doit être préservée, cette institution conservant son rôle de gestionnaire et de négociateur des intérêts communs. Deuxièmement, nous encouragerons le maintien du principe de répartition entre tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Enfin, la solidarité entre le monde professionnel et le monde amateur demeurera encadrée par l’Etat, dans le cadre, par exemple, du protocole financier entre la Ligue et la Fédération Française de Football et du prélèvement, en direction du FNDS, de 5% des droits télévisés. A ce titre, le montant transactionnel élevé de ces droits influera positivement sur le flux financier entre les professionnels et les amateurs. Il est indispensable, pour assurer le développement harmonieux des uns et le financement des autres, qu’ils travaillent ensemble.

 

« Notre modèle de fonctionnement »

 

SA. Contrairement à ce que certains avaient préjugé, vous demeurez, dans une certaine mesure, dans la lignée de votre prédécesseur Marie George Buffet.

 

J-F L. J’ignore ce qui vous permettait d’imaginer, à l’écoute des propos du chef de l’Etat durant la campagne présidentielle, ou à l’analyse de mes actions depuis 8 mois, une quelconque volonté de libéralisation à tout crin du mouvement sportif. Jacques Chirac fut - je le rappelle - le seul candidat à aborder la thématique du sport. En revanche je suis favorable à une aide aux structures professionnelles pour trouver de nouveaux investisseurs privés, avec un assouplissement du droit des marques et des droits télévisés. Cependant, la solidarité, demeure, dans notre esprit, un principe intangible du sport. C’est le modèle de fonctionnement du Ministère des Sports actuel comme c’était celui de Guy Drut, de Christian Bergelin, ou  de Michele Alliot-Marie.

 

Propos recueillis par Stéphane saubole

 

 

 

 

 

 

 

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