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Stéphane Saubole - Rédacteur

Sport - Toulouse Madame - Romain Mesnil - Mars 2008

4 Mai 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Portraits de sportifs

Romain Mesnil - OBJECTIF PEKIN

RomainMesnil - Copie

« Conquérir un sommet plus élevé »

 

Albigeois d’origine, Romain Mesnil, double médaillé d’argent aux championnats d’Europe à Göteborg en 2006 et du Monde à Osaka en 2007, a obtenu un diplôme d’ingénieur délivré par L’INSA Toulouse avant de rejoindre le groupe bordelais d’athlètes de haut niveau Objectif Perche Atlantique. A trente ans, le champion de saut à la perche évoque avec sérénité les Jeux Olympiques, ses loisirs, son site internet www.romain-mesnil.com, son existence…

 

Toulouse Madame. Considérez-vous votre titre de vice-champion du monde comme le sommet de votre carrière ?

 

Romain Mesnil. A l’heure actuelle oui, même si j’espère que je conquerrai un sommet plus élevé à Pékin. Mon record personnel - 5m95 franchis en 2003 - me tient également à cœur. Pour moi, une performance se révèle aussi valorisante qu’une médaille. C’est notre jauge.

 

TM. Les médailles d’argent glanées ces deux dernières saisons offrent-elles une plus grande assurance dans la perspective des Jeux Olympiques ?

 

RM. Bien entendu. De tels résultats s’avèrent l’aboutissement d’une année, voire d’une « carrière » sportive. Mais au delà du bonheur personnel éprouvé sur le moment, la confiance qui en résulte se révèle un atout pour le futur. Je me situerai donc logiquement parmi les favoris à Pékin. Cependant ma discipline étant très concurrentielle actuellement, nous devons être huit à dix à pouvoir prétendre à ce titre olympique. Le concours devrait être passionnant !

 

TM. Ambitionnez-vous de dépasser en 2008 le record de France de Jean Galfione - 5m98 en 1999 - voire de franchir la barre des six mètres?

 

RM. Ce sont des objectifs parallèles à ceux liés aux JO. Je poursuis les deux quêtes. Vaincre cette barre symbolique - un performance réalisée par seulement 12 perchistes - serait extraordinaire. C’est un chiffre rond qui permettrait également de dépasser l’actuel record de Jean Galfione, un grand athlète, champion olympique.

 

« Les aspects positifs sans les inconvénients de la médiatisation »

 

TM. Reconnu depuis longtemps par le monde sportif, le grand public vous à découvert plus récemment. Cette exposition est-elle une bénédiction ou un fardeau ?

 

RM. Non, je ne le vis pas comme une difficulté, car j’ai un statut qui est loin d’être celui d’une star ! Je bénéficie d’aspects positifs, en ne subissant pas les inconvénients d’une trop grande reconnaissance médiatique. Je peux faire mes courses tranquillement sans que l’on me reconnaisse à tous les coins de rue ! Heureusement !.

 

RomainMesnil3 - Copie

 

TM. Appréciez-vous de participer à des séances de photographies de mode où à des documents télévisés tels que celui que vous a consacré Canal + récemment ?

 

RM. C’est toujours agréable de réaliser de beaux clichés et puis cela permet de découvrir un univers différent. Le reportage récent de Canal + m’a plu de par sa durée inhabituelle. Je me suis prêté à une longue interview, détaillée. Des très belles images furent réalisées, notamment sur la plage de Carcans, qui me montrent courant avec la perche, seul sur l’estran, avec le fracas des vagues et un grand soleil d’hiver. Ce sont de bons moments.

 

TM. Pourquoi être devenu président du syndicat des athlètes français ?

 

RM. L’athlétisme est devenu un sport professionnel dans notre pays avec la création récente d’une ligue. L’existence d’un syndicat d’athlètes s’est donc imposée naturellement. Je me suis proposé car il m’intéressait de travailler, accompagné d’autres, dans le cadre d’un nouveau projet, de garantir les intérêts du compétiteur et d’œuvrer à la lutte contre le dopage.

 

TM. Plus jeune, comment avez-vous concilié vos études exigeantes d’ingénieur à l’INSA Toulouse et votre carrière de perchiste de haut niveau ?

 

RM. Quand j’ai débuté l’INSA, j’avais atteint un niveau sportif moyen qui ne me demandait pas un entraînement intensif. J’ai donc suivi les deux années préparatoires normalement, puis j’ai bénéficié des aménagements d’horaires proposés aux sportifs de haut niveau par l’Ecole, avec un cursus de trois ans conclu en quatre années. Ce qui a favorisé le franchissement d’un pallier en compétition. Cependant les études furent toujours privilégiées.

 

TM. Quels sont vos autres loisirs ?

 

RM. J’ai toujours pratiqué les sports de glisse. Le ski, le snowboard et la planche à voile m’ont procuré des plaisirs immenses car se sont des sports à sensations. Depuis que je réside à Bordeaux, je m’essaye au surf et je m’investirai plus dans cette discipline lorsque ma carrière sera terminée. Le saut à la perche étant également un sport à sensations, j’éprouverai le besoin de vivre des émotions fortes.

 

TM. Avez-vous profité des lieux où vous avez résidé?

 

RM. J’ai connu Toulouse en qualité d’étudiant, de « jeune homme », et j’ai d’abord beaucoup fréquenté le secteur Paul Sabatier où se situait l’INSA. Comme tous mes condisciples, j’ai participé à des soirées un peu partout en ville. Ce n’était cependant pas la fête tous les soirs car le sport de haut niveau ne le permet pas, même s’il autorise des sorties de temps à autres. Ensuite, j’ai vécu pendant deux ans dans le quartier Saint-Sernin, avec mon amie qui est devenue ma femme. J’adore le côté chaleureux de Toulouse. Ma vie, depuis que je suis à Bordeaux est différente puisqu’un enfant est né, ce qui modifie une existence !

 

Propos recueillis par Stéphane Saubole

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