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Stéphane Saubole - Rédacteur

Sport - Bordeaux Madame - Jean-Louis Triaud - Février 2004

29 Avril 2012 , Rédigé par stephanesaubole Publié dans #Clubs et personnalités du sport

Jean-Louis Triaud

« Je ne me construis pas une image »

Un matin de novembre au ciel blanchâtre, Bordeaux Madame est accueilli par Jean-Louis Triaud dans son lumineux bureau au château du Haillan. Le président des Girondins de Bordeaux et Directeur des Domaines Henri Martin s’y livre avec une sincère empathie mâtinée d’une habile prudence et pimentée d’une lucide ironie.

 

Bordeaux Madame. Comment devient-on président des Girondins de Bordeaux FC ?

 

Jean-Louis Triaud. Mon intégration au conseil d’administration du club en 1991 relève avant tout du hasard. Le président de l’époque, Jean-didier Lange, souhaitait s’entourer de personnes pressenties pour devenir des relais dans l’économie régionale. Evoluant dans la viticulture, l’une des activités majeures du Bordelais, je fus sollicité. Puis, j’ai succédé à Alain Afflelou, après son retrait en 1996. Mais la longue présidence de mon beau-père Henri Martin ne me prédestinait pas nécessairement à assumer ces responsabilités, même si à Bordeaux les dirigeants sont toujours issus du cru.

 

BM. Pensez-vous avoir apposé votre signature en terme de direction et de communication ?

 

J-L T. Ce statut nous exposant médiatiquement, notre personnalité se distingue, en bien ou en mal. Mais je ne me construis pas une image, ce qui me semblerais difficile, dangereux voire utopique dans le cadre du football.

 

BM. Appréhendez-vous cette notoriété induite par le poste comme une gloire, une récompense ou un fardeau ?

 

J-L T. Je ne peux imaginer que l’on puisse se glorifier un instant de diriger un club de football de première division. Cette fonction demeure avant tout un plaisir que j’interromprais s’il s’évanouissait. Le fait de ne pas en dépendre, à titre professionnel, me permets de conserver cette indépendance.

 

BM. Pourquoi aviez-vous justement décidé de vous positionner en retrait au mois de juin 2002 pour réapparaître au premier plan en janvier 2003 ?

 

JL-T. Précisons que pendant ces quelques mois durant lesquels Dominique Imbault fut Président exécutif, j’avais conservé la présidence du conseil d’administration et je me consacrais toujours à la gestion des grands comptes tels que le budget ou le recrutement. Cependant cette volonté réelle de prendre du recul était dictée par l’obligation d’une présence plus assidue dans les vignobles. Mais, en restructurant certains secteurs de mon activité viticole, j’ai ensuite pu me libérer de nouveau.

 

« Jaime la noblesse du vin»

 

BM. A ce titre, comment conciliez-vous la direction d’une immense entreprise de football et celle des Domaines Henri Martin ?

 

J-L T. La faculté de bien s’entourer demeure l’une des qualités essentielles d’un dirigeant. J’ai ainsi la chance de m’appuyer sur des cadres extrèmement compétents. Et les châteaux Gloria et Saint-pierre avaient déjà étés très bien positionnés sur le marché par mon beau-père. Enfin la nature même de l’activité, avec une récolte annuelle, offre des moments de disponibilité.

 

BM. Qu’aimez-vous dans cette profession de viticulteur ?

 

J’apprécie la noblesse d’un produit qui demeurera toujours l’un des plus grands vins du monde. C’est un bonheur et une fierté de contribuer à son élaboration. Cette recherche de l’excellence par l’innovation, tout en préservant une approche traditionnaliste, est particulièrement stimulante pour tous les producteurs. Ce qui contribue à la saine émulation et à l’union d’une famille du vin agréable à fréquenter. J’ai assumé ainsi pendant quelques années la présidence du Conseil des vins du Médoc et je suis actuellement Grand Chancelier de la Commanderie du Bontemps des Médoc et des Graves, Sauternes et Barsac.

 

JL-T. Quel est votre investissement personnel dans la fabrication de ce produit.

 

La viticulture est une activité à la fois très complexe à réaliser et très simple à concevoir tant les enjeux en sont clairement définis. Le meilleur raisin doit parvenir au chai afin que le vinificateur œuvre avec une matière première d’exception. Je m’intéresse donc de très près à l’ensemble du processus qui débute au mois de novembre avec la taille. Au terme des vinifications, le jeu des assemblages constitue l’une des étapes les plus passionnantes. A ce stade, on peut imaginer que deux individus différents ne choisirons pas deux sélections semblables.

 

« J’ai toujours vécu à Bordeaux »

 

BM. Pouvez-vous décrire votre formation et votre parcours initiaux ?

 

J-L T. J’ai fréquenté l’Université de droit et Sciences Politiques. Mon apprentissage de la viticulture procéda de l’exercice sur le terrain, dès 1974 aux cotés de mon beau-père, et de la formation professionnelle de qualité dispensée à Bordeaux.

 

BM. Le vin et le sport constituent-elles vos uniques passions ?

 

J-L T. Non, j’ai bien entendu d’autres centres d’intérêt qui vous paraîtront très classiques. La pratique du golf et la chasse sont pour moi des plaisirs devenus malheureusement trop rares. Je m’intéresse également aux récits historiques.

 

BM. Avez-vous encore le loisir de profiter des charmes de la capitale girondine ?

 

J-L T. J’ai toujours vécu à Bordeaux et je n’ai pas le souhait de quitter cette ville car je m’y sens très bien. Sa situation géographique, proche de la mer et des montagnes, est privilégiée et elle évolue positivement ces dernières années. Habitant au centre ville et amateur d’Histoire, j’apprécie le vieux Bordeaux rénové.

 

BM. Que vous inspirent les Bordelaises que vous y croisez?

 

J-L T. Même si on disait naguères qu’elles étaient les plus belles femmes de France, je ne pense pas que l’on puisse distinguer ainsi les habitantes d’une ville en comparaison à une autre. En revanche, le vieil antagonisme Capitale/Province se dissipant, les bordelaises sont désormais certainement plus épanouies dans leur cité.

 

BM. Qu’est ce qui vous séduit chez une femme ?

 

J-L T. Rencontrez mon épouse pour connaître la réponse à cette dernière interrogation.

 

Propos recueillis par Stéphane Saubole

 

 

 

 

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